Pas facile de comprendre la politique française,
et de surcroit celle européenne, surtout en ce moment. On se réveille un bon
matin et c’est partout, dans les medias et les réseaux sociaux, “Tempête FN”, “Séisme
FN”,… et de telles réactions vont même jusqu’à l’autre côté de l’Atlantique.
La victoire du « Front Nationale » de Marine Le Pen aux élections européenne
a constituée un véritable déferlement de réactions de tout genre, allant de l’étonnement
à l’indignation, en passant par la peur.
En France, pays des droits de l’Homme et
de la liberté ! Ces deux grandes valeurs, aujourd’hui internationales
(enfin, presque), ont pris leur élan de cette terre française. La liberté y est
tellement implantée qu’elle a permis le développement des idées que
prônent le FN : « La France aux Français ». Chose normale.
En effet, si on prône la liberté de pensée, et bien les gens pensent. Il
faudrait peut être préciser en bas de page que les idées dites « extrémistes » sont exclues,
ne feront pas objet de pensée. Pas du tout facile deh !
Si un système politique permet, sur fond
de démocratie et de liberté, l’existence des tendances qualifiées
d’ « extrêmes », et bien, ce même système aussi en permet
implicitement l’évolution et le développement.
Chaque fois que le FN arrive en tête dans
une élection, on assiste à une vague d’indignation, des propos du
genre « c’est un vote sanction », comme si le score du FN sortait
toujours de nul part. On essaie de nous présenter l’électeur FN, a nous autres
« Gondwanais », comme un simple d’esprit, un électeur qui vote par
erreur, sans conviction, un électeur qui, après avoir glissé son bulletin de
vote dans l’urne, s’étonne après « Oh mon Dieu j’ai vote FN !», un électeur
capricieux qui chercherait, juste par son vote, à attirer l’attention des
autres tendances politiques. Un électeur qui est un peu comme nous quoi.
lol !!!
Parce que, pourquoi vouloir prendre
conscience après les résultats des urnes d’une réalité qui a toujours été là ?
C’était pareil aussi en 2002, Jean Marie Le Pen arrivant au deuxième tour,
presque toute la France, au lieu de se demander comment était-il arrivée au deuxième
tour, s’est plutôt rangée du côté de Jacques Chirac, et il a été réélu. « Ils
ont ainsi fait bloc à l’extrémisme », qu’ils disaient.
Maintenant que le FN réalise le plus grand
score électoral de son histoire, nous assistons encore une fois à une campagne médiatique
contre le FN. A regarder et écouter les medias français internationalement
connu, leurs titres parlent tous d’un « Séisme » provoqué par la montée
du FN. Mais je me demande aujourd’hui comment doit se sentir maintenant l’électeur
FN, celui qui, un bon matin, se réveille, son choix déjà bien fait, et exerce
en son âme et conscience son droit de vote, et vote FN ? Ce gars là, nous
est aujourd’hui présenté comme le « bad guy », l’extrémiste,
l’ennemi de la France black-blanc-beurre, le détracteur de la diversité
culturelle, ennemi de « plus d’Europe »,…et j’en passe.
A ce gars, à
ce français, puisqu’il faut l’appeler par ce qu’il est, que devrait-il faire de
son droit de vote ? Pourquoi le lui reconnaît-on si, après qu’il l’ait
exercé, il entend dire que, par son vote, il a provoqué un « séisme »,
une catastrophe politique, il a fait monter l’extrémisme ? Quel
message lui envoi-t-on aujourd’hui ? Est-ce que l’expression gondwanaise
« Watoye nabi ! » (Tu as mal voté !), peut-il
s’appliquer à lui aussi ? Et tel que les élections
européennes viennent de nous le prouver, cet électeur français n’est plus seul.
Ils sont nombreux ces hommes et ces femmes. Et pas seulement en France. Bientôt,
ces électeurs se retrouveront dans l’un des célèbres proverbe gondwanais : « Umwana
yankwa, niwe akura » (C’est l’enfant haï et délaissé qui grandit).
Tchiee !!
Si la démocratie était un système parfait,
alors, comme la justice, elle serait aveugle. Elle permettrait, par
ses mécanismes, de manière automatique, l’émergence de n’importe quelle tendance portée par les électeurs, à
condition que ceux-ci, le fasse dans leur forte conviction, sans aucune
orientation ou influence externe, et dans le respect des droits et libertés. De
ce fait, aucun score de n’importe quel parti politique ne devrait être source
de polémiques si les élections se sont déroulées dans le plus grand respect des
règles de l’art. Ainsi, ça serait cette fameuse « volonté du peuple » qui
s’exprimerait.
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